Dany et Marc. Imprimer Envoyer


Grâce à elle, vivre redevient possible.

Nous venons, ce jour-là, de participer à la fin d'une réunion.
Avant de nous quitter, nous nous embrassons tous chaleureusement.Qui pourrait mieux comprendre notre chagrin que ces autres parents en manque de leur enfant ?

Je sens qu’on me glisse un document dans la main.« Tiens, me dit cette personne, toi, cela pourrait t’intéresser. Vous avez déjà tenté tant de choses avec votre fille Ariane ». Je remercie et glisse le document dans mon sac, sans y attacher trop d’importance.

De retour à la maison, distraitement, je parcours cette annonce d’une journée de TCI. Qu’est-ce cela ? Méthode de communication avec nos disparus ! J’ai parcouru, il y a peu, un livre du Père Brune. J’ai dévoré tant d’ouvrages parlant de deuil, de mort, de souffrance à vivre, à dépasser…depuis le décès d’Ariane, le quatre décembre 2OO6 à 9 heures du matin.
Je n’avais pas accordé trop de crédit à ces communications avec l’au-delà. Après en avoir informé Marc, mon mari, je range donc le papier sur le bureau, bien décidée à ne pas donner suite mais bizarrement je garde cette information dans un coin de mon esprit.

Après quelques jours, je relis ce papier. Et si nous nous inscrivions? Une manière de remplir tout un dimanche,jour vide de sa présence, plus encore que tous les autres jours de la semaine. Nous allons rencontrer d’autres personnes confrontées au deuil, nous allons partager un repas …nous sommes libres de partir à tout moment si la démarche ne nous convient pas.

Le sérieux de l’organisation, la chaleur de l’accueil et l’honnêteté des conférenciers nous persuadent de rester jusqu’à la fin de la journée.
Une vive émotion étreint l’assemblée lorsque les époux Blanc-Garin nous font entendre quelques communications reçues par TCI. Le récit de leur parcours et de toutes leurs recherches nous persuadent de leur sincérité.
Nous comprenons le but de leur mission : rendre un peu d’espoir à toutes ces personnes que la mort d’un être aimé a plongées dans un chagrin sans fond.

Le lendemain, je décide de tenter l’expérience, sans encore trop y croire, je dois l’avouer.Je retrouve un petit magnétophone inutilisé depuis belle lurette.J’y glisse une cassette vierge et je pousse sur–record-,à tout hasard, pendant que je me lave les cheveux.
Je trouve un casque et après ma toilette, sans trop d’espoir, j’écoute.
Que de bruits dans les oreilles! Ces cascades de ruissellement d’eau me dérangent. Que faut-il entendre dans tous ces clapotements ?

Tout à coup, clairement, j’entends : « Maman Dany ! Maman Dany ! » Sans nul doute, c’est Ariane. Elle a toujours ajouté mon prénom au mot maman.
Plus loin, sur un glissement d’eau : « J’ai faim ! ».
Durant seize ans d’anorexie, presque chaque jour, je lui disais : « Mais quand me diras-tu que tu as faim ? ». Ces mots représentaient un de mes plus grands espoirs, à l’époque. J’aurais donné beaucoup pour les entendre enfin.
Ariane, étant polyhandicapée, dépendait totalement de nous pour tous les gestes de la vie quotidienne et lui donner à manger devenait un tourment lorsqu’elle refusait toute nourriture.

Ces mots contenus dans son premier message devaient donc me rassurer : «oui, je suis encore là ! Non,je n’ai plus de problème de santé ! ». Quel cadeau! Entendre sa voix ! Précédemment, deux médiums nous avaient parlé d’Ariane, nous avaient rassurés sur son bien-être dans l’au-delà.
Mais l’entendre par elle-même, en direct, quelle émotion, quelle joie !

Le quatre décembre 2OO8, deuxième anniversaire de sa mort, nous obtenons un rendez-vous auprès de Nicole que nous avions rencontrée à la journée de TCI.
Notre désir était bien sûr d’avoir une communication avec Ariane mais aussi de voir comment Nicole procédait.
Sur un fond de radio allemande, Ariane a beaucoup parlé, surtout à son papa avec qui elle a toujours eu un contact privilégié.
Grâce à l’écoute expérimentée de Nicole qui débusquait chaque mot, nous l’avons entendue dire des choses très belles : la beauté de la lumière, le plaisir, la vraie vie…

Depuis lors, nous avons établi régulièrement des contacts, très souvent couronnés de succès. Nous avons, paraît-il, beaucoup de chance d’avoir aussi rapidement des résultats.
Mais Ariane de son vivant avait déjà établi des contacts avec des membres de notre famille décédés depuis longtemps ; elle semblait souvent être sur un autre plan que le nôtre. Des morts, elle disait qu’ils étaient « ailleurs ».

Trois mois avant son décès, elle nous avait avertis qu’elle serait « ailleurs à la Noël ». Je dois avouer que tout cela nous terrorisait.

Cette faculté qu’elle avait de partir sur un autre plan de son vivant explique que peut-être, maintenant, il lui est facile de faire le chemin inverse.

Nous la remercions, chaque jour, de faire ainsi encore partie de notre vie car grâce à la TCI, elle nous a tirés de notre désespérance.

Si nous pouvons aider quelques parents, nous tenterons de le faire.


Dany et Marc,


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