{"id":1749,"date":"2019-04-25T20:37:56","date_gmt":"2019-04-25T18:37:56","guid":{"rendered":"http:\/\/melonic.be\/j\/?p=1749"},"modified":"2019-04-26T18:04:52","modified_gmt":"2019-04-26T16:04:52","slug":"elisabeth-kubler-ross","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/melonic.be\/j\/elisabeth-kubler-ross\/","title":{"rendered":"Elisabeth K\u00fcbler Ross"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab L&rsquo;affrontement avec la mort peut \u00eatre tr\u00e8s p\u00e9nible, et on peut \u00eatre tent\u00e9 de l&rsquo;\u00e9viter et de fuir la confrontation. Mais si vous avez le courage de l&rsquo;assumer quand elle se pr\u00e9sentera dans votre vie, de l&rsquo;accepter comme une partie importante et valable de la vie, alors vous cro\u00eetrez, que vous affrontiez votre propre mort, celle de quelqu&rsquo;un qui est confi\u00e9 \u00e0 vos soins ou celle d&rsquo;un \u00eatre cher. \u00bb p.158<\/p>\n<p>\u00ab La mort est la derni\u00e8re \u00e9tape de la croissance en cette vie. Il n&rsquo;y a pas de mort finale. Seul le corps meurt. Le soi ou l&rsquo;esprit, peut importe comment on l&rsquo;appelle, est \u00e9ternel. A chacun sa fa\u00e7on d&rsquo;interpr\u00e9ter cela. \u00bb p.215<br \/>\nExtraits de \u00ab\u00a0La mort, derni\u00e8re \u00e9tape de la croissance\u00a0\u00bb Elisabeth K\u00fcbler Ross, Edition Du Rocher, 1985.<\/p>\n<p>Notre ami Jean qui lit \u00e9norm\u00e9ment, a choisi cette fois pour th\u00e8me, de vous relater la vie d\u2019Elisabeth K\u00fcbler Ross, cette magnifique personne, m\u00e9decin au c\u0153ur grand mais humble.<br \/>\nElle est bien connue par tous les \u00e9crits qu\u2019elle nous a donn\u00e9s et qui traitent de la vie apr\u00e8s la vie, qui est un \u00ab nouveau soleil \u00bb ou des moments avant ce d\u00e9part, ainsi que des approches de maladies psychiatriques, abord\u00e9es par des m\u00e9thodes personnelles.<\/p>\n<p>Elisabeth K\u00fcbler Ross<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1750\" src=\"http:\/\/melonic.be\/j\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/ekr-0001.jpg\" alt=\"\" width=\"109\" height=\"160\" \/><\/p>\n<p>Extraits et r\u00e9sum\u00e9 du livre de Susanne Shaup \u00ab Elisabeth K\u00fcbler-Ross, toute une vie pour une belle mort \u00bb \u00e9ditions Le Courrier du Livre \u2013 Paris 1997.<\/p>\n<p>Elisabeth K\u00fcbler-Ross nait \u00e0 Zurich (Suisse), le 08.07.1926. Son p\u00e8re Ernst K\u00fcbler est commer\u00e7ant. Sa m\u00e8re Emma tient la maison familiale.<br \/>\nLa famille vit \u00e0 Meilen, un village pr\u00e8s de Zurich, endroit paisible, entour\u00e9 de pr\u00e9s et de champs, pr\u00e8s de la for\u00eat et de la montagne couronn\u00e9e de neige. Elle caract\u00e9rise son enfance de \u00ab prot\u00e9g\u00e9e \u00bb.<br \/>\nMadame K\u00fcbler est une femme affectueuse et g\u00e9n\u00e9reuse. Le p\u00e8re est un patriarche dont chaque parole est un ordre.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s vite Elisabeth est autonome, voir rebelle.<br \/>\nEncore enfant, elle a d\u00e9j\u00e0 le sens du secours, de l\u2019aide \u00e0 porter.<br \/>\nLa jeune fille a des rapports critiques avec l\u2019Eglise. Elle se rebelle contre le pr\u00eatre charg\u00e9 du cours de religion.<\/p>\n<p>Et\u00e9 42, \u00e0 16 ans, elle doit d\u00e9cider de sa carri\u00e8re professionnelle. Depuis l\u2019enfance, elle \u00e9met le souhait de devenir m\u00e9decin. Son p\u00e8re ne veut rien entendre.<br \/>\nElle travaillera dans son magasin. Les heurts entre le p\u00e8re et la fille sont violents. Elle quitte la maison pour une place de bonne.<br \/>\nExploit\u00e9e et humili\u00e9e, elle s\u2019enfuit.<\/p>\n<p>Elisabeth sollicite un poste d\u2019apprentie dans un laboratoire.<br \/>\nElle passe son bac et gagne de l\u2019argent pour financer ses \u00e9tudes de m\u00e9decine.<br \/>\nA 17 ans, elle est au service de dermatologie de l\u2019h\u00f4pital du canton.<br \/>\nElle \u00e9coute les patients, leur vie, l\u2019histoire de leurs souffrances. Elle apprend que sans composante humaine, l\u2019essentiel manque au traitement m\u00e9dical.<br \/>\nD\u00e9j\u00e0, elle est attir\u00e9e par les enfants hospitalis\u00e9s.<\/p>\n<p>Juin 1944, un flot de r\u00e9fugi\u00e9s arrive en Suisse. Elle organise tout, soins, nourriture, v\u00eatements\u2026<br \/>\nPuis, elle est bless\u00e9e suite \u00e0 une explosion de gaz. Si elle a pu prot\u00e9ger ses yeux, ses mains sont gravement br\u00fbl\u00e9es. Diagnostic : elle ne pourra plus jamais s\u2019en servir normalement.<br \/>\nElle refuse ce verdict. Gr\u00e2ce \u00e0 sa volont\u00e9 opini\u00e2tre, elle r\u00e9ussit.<\/p>\n<p>Janvier 1945, Elisabeth adh\u00e8re au Service International pour la Paix.<br \/>\n8 mai 1945, ce service lui demande d\u2019aider \u00e0 la reconstruction du village d\u2019Ecurcey, en France.<br \/>\nElle apprend que l\u2019on se sert de prisonniers de guerre allemands comme d\u00e9tecteurs de mines vivants. Elle s\u2019emploie \u00e0 faire cesser cette pratique inhumaine.<\/p>\n<p>Elle rentre \u00e0 Zurich et termine sa formation de laborantine.<br \/>\nEn 1946, elle travaille \u00e0 la clinique ophtalmologique de l\u2019universit\u00e9 de Zurich.<br \/>\nElle apprend l\u2019art difficile de communiquer une mauvaise nouvelle tout en participant humainement \u00e0 son malheur.<\/p>\n<p>Le Service pour la Paix l\u2019envoie en Belgique, dans un village de mineurs, pr\u00e8s de Mons. Elisabeth y trouve une mis\u00e8re indescriptible.<\/p>\n<p>En 1947, elle arrive en Pologne.<br \/>\nReconstruction du village de Lucima, \u00e0 la fronti\u00e8re russe.<br \/>\nIl n\u2019y a pas de m\u00e9dicament, pas de m\u00e9decin mais la population a confiance en leur \u00ab doctoresse \u00bb. Elle fera l\u2019exp\u00e9rience que la foi peut faire des miracles.<\/p>\n<p>Elle visite le camp de concentration de Majdanek. Elle est boulevers\u00e9e mais d\u00e9couvre des papillons dessin\u00e9s dans le bois des murs en planches qui constituent les baraquements.<br \/>\nCes dessins lui font \u00e9crire :\u00a0<i>\u00ab Durant les derniers jours, peut-\u00eatre les derni\u00e8res heures qui pr\u00e9c\u00e8dent leur mort dans les chambres \u00e0 gaz, ces hommes, ces femmes et enfants, que la mort attendait, avaient laiss\u00e9 un dernier message \u2013 ce n\u2019\u00e9tait pas un message de d\u00e9sespoir, mais d\u2019espoir, pas un message de douleur, mais de promesse de libert\u00e9. \u00bb<\/i>\u00a0(Derek Gill, E.K\u00fcbler-Ross, Wie sie wurde, wer sie ist, p.158).<br \/>\nLes papillons deviennent un leitmotiv dans sa vie.<br \/>\nIls repr\u00e9sentent le symbole de l\u2019\u00e2me affranchie qui se d\u00e9barrasse du cocon, de sa d\u00e9pouille mortelle et d\u00e9ploient leurs ailes dans une nouvelle existence.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1751\" src=\"http:\/\/melonic.be\/j\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/papillon.jpg\" alt=\"\" width=\"106\" height=\"88\" \/><\/p>\n<p>De retour en Suisse, elle termine ses \u00e9tudes de m\u00e9decine.<br \/>\nElle a 31 ans. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque qu&rsquo;elle fait ses premi\u00e8res exp\u00e9riences directes avec des mourants.<\/p>\n<p>Elle \u00e9pouse son camarade d\u2019\u00e9tudes am\u00e9ricain, Emanuel Ross et le suit en Am\u00e9rique.<br \/>\nElisabeth et Emanuel Ross, trouvent tous deux, un poste pr\u00e8s de New York.<br \/>\nTous deux ont la r\u00e9putation d\u2019avoir une comp\u00e9tence exceptionnelle. Elle pr\u00e9f\u00e8re les urgences, soigner les bless\u00e9s graves en \u00e9tat de choc.<br \/>\nElle fait de nombreuses exp\u00e9riences.<br \/>\nComment un patient sait-il qu&rsquo;un autre membre de sa famille est mort dans le m\u00eame accident, sans que personne ne le lui ait dit ?<\/p>\n<p>Elle est enceinte et perd son poste. Elisabeth demande un poste de m\u00e9decin dans un service de psychiatrie.<br \/>\nEntre temps, elle fait une fausse couche.<\/p>\n<p>Le docteur K\u00fcbler travaille alors dans un service pour femmes dont certaines sont trait\u00e9es avec des drogues exp\u00e9rimentales. Il s\u2019agit entre autres du LSD et autres hallucinog\u00e8nes.<br \/>\nCes traitements leurs sont administr\u00e9s sans leur consentement. Elle y d\u00e9couvre la honte et l\u2019inhumain. Des femmes gisant dans leur urine, d\u2019autres \u00e0 moiti\u00e9 v\u00eatues ou nues, une odeur intenable d\u2019urine\u2026l\u2019horreur.<\/p>\n<p>Elle va bouleverser l\u2019ordre \u00e9tabli dans l\u2019h\u00f4pital. Elle refuse les \u00e9lectrochocs ainsi que les hallucinog\u00e8nes. Aid\u00e9e par quelques coll\u00e8gues, le docteur K\u00fcbler va \u00e9tablir des crit\u00e8res humains.<br \/>\nElle va t\u00e9moigner de l\u2019int\u00e9r\u00eat aux patients. Le succ\u00e8s ne tarde pas et on reconnait m\u00eame des gu\u00e9risons.<\/p>\n<p>Elisabeth part travailler dans le Bronx, dans une clinique psychiatrique pour enfants atteints d\u2019ali\u00e9nation mentale.<br \/>\nElle fonde sa th\u00e9rapie sur l\u2019intuition et l\u2019int\u00e9r\u00eat personnel du patient. Elle prend conscience que les gens refoulent le sujet de la mort. Un sujet tabou. Les m\u00e9decins acceptent encore moins le sujet.<\/p>\n<p>Son p\u00e8re, en fin de vie, va \u00eatre accompagn\u00e9 par sa fille. Lui, auparavant t\u00eatu, autoritaire, est devenu un \u00eatre pensif, plein d\u2019humour et tol\u00e9rant. Il ne porte plus de jugement sur les autres.<\/p>\n<p>Sa formation termin\u00e9e, la voici donc psychiatre.<\/p>\n<p>Elisabeth va se d\u00e9couvrir un nouveau domaine lors d\u2019un voyage \u00e0 Denver, dans le Colorado. Elle traverse l\u2019Arizona. Dans la Monument Valley, elle fait une exp\u00e9rience remarquable.<br \/>\nElle reconnait le lieu. Par deux fois, elle avait vu ce paysage en r\u00eave. Elle s\u2019\u00e9tait vue en indienne montant un cheval. Elle a l\u2019impression d\u2019avoir v\u00e9cu en ce lieu.<br \/>\nLa travers\u00e9e du vieux territoire des Indiens fait de sa vie une myst\u00e9rieuse existence situ\u00e9e \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur.<br \/>\nElle \u00e9crit :<i>\u00a0\u00ab\u00a0Je sais tr\u00e8s peu sur la philosophie de la r\u00e9incarnation. J\u2019ai toujours mis cette id\u00e9e en relation avec des gens bizarres qui discutent de leur vie ant\u00e9rieure dans une pi\u00e8ce remplie d\u2019encens. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e autrement. Je me sens chez moi dans mon laboratoire. Mais je sais qu&rsquo;il y a des myst\u00e8res de l\u2019esprit et de l\u2019\u00e2me qui ne peuvent \u00eatre sond\u00e9s ni avec des microscopes ni avec des r\u00e9actions chimiques. Un jour, j\u2019en saurai plus. Un jour je comprendrai des choses.\u00a0\u00bb\u00a0<\/i>(Derek Gill-E.K\u00fcbler-Ross, p.286).<\/p>\n<p>Elle va faire sous hypnose un voyage dans le temps. Elle se voit en indienne vivant dans le sud-ouest et mourant d\u2019une mort violente.<\/p>\n<p>Dans la clinique qui l\u2019occupe elle est en conflit avec son m\u00e9decin sup\u00e9rieur, elle trouvera refuge dans le service de psychiatrie pour enfants.<\/p>\n<p>&#8212;-Fin de la 1\u00e8re partie&#8212;-<\/p>\n<p>D\u00e9cri\u00e9e par les uns, \u00e9cout\u00e9e et admir\u00e9e par les autres, le docteur K\u00fcbler prendra comme un cadeau, une motivation, toutes les attaques ou tous les encouragements qui lui sont adress\u00e9s. Elle sait qu&rsquo;elle est sur la bonne voie.<\/p>\n<p>Par la publication de ses constatations, des r\u00e9cits et t\u00e9moignages de ses relations avec des patients en phase terminale, avec des gens ayant fait une EMI, elle se place comme \u00ab La \u00bb pionni\u00e8re de l\u2019approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie.<br \/>\nElle enseigne et \u00e9crit pendant une 20aine d\u2019ann\u00e9es au Etats-Unis avant que l\u2019Europe ne daigne la d\u00e9couvrir.<br \/>\nSon 1er ouvrage est \u00e9dit\u00e9 en 1969, \u00ab Les derniers instants de la vie \u00bb (1).<\/p>\n<p>Enfin reconnue par ses pairs, elle sera \u00e9lev\u00e9e au rang de docteur honoris causa de plusieurs universit\u00e9s dans le monde. Elle fait, de ce fait, autorit\u00e9 en mati\u00e8re de thanatologie (2).<\/p>\n<p>Elle a compris et t\u00e9moigne que les personnes au seuil du passage vers l\u2019Au-del\u00e0 \u00ab n\u2019hallucinent \u00bb pas. Ils voient des proches d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, des amis, des Etres de Lumi\u00e8re, venir les chercher.<br \/>\nLors de leur sortie de corps, des aveugles recouvrent la vue, des muets parlent, des paralys\u00e9s marchent. Des enfants t\u00e9moignent : en cours de chimio, ils se voient avec une magnifique chevelure et en bonne sant\u00e9.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9montre la \u00ab continuit\u00e9 \u00bb de la vie. La vie apr\u00e8s la vie.<br \/>\nSes exp\u00e9riences permettent de confirmer que la mort de l\u2019\u00e2me n\u2019existe pas. Seul le corps physique meurt.<br \/>\n<i>\u00ab La mort n\u2019est qu&rsquo;un passage \u00e0 un autre \u00e9tat de conscience dans lequel on continue \u00e0 sentir, \u00e0 voir, \u00e0 entendre, \u00e0 comprendre, \u00e0 rire, et o\u00f9 l\u2019\u00e2me et l\u2019esprit peuvent continuer \u00e0 grandir. \u00bb<\/i>\u00a0(3)<\/p>\n<p>Le docteur K\u00fcbler-Ross va d\u00e9noncer ce que Suzanne Shaup appelle \u00ab Le complot du silence \u00bb.<br \/>\n<i>\u00ab Je suis convaincue que nous faisons plus de mal en esquivant le sujet (la mort) qu&rsquo;en prenant du temps, en choisissant le moment, en nous asseyant, en \u00e9coutant, en participant. \u00bb<\/i>\u00a0(4)<\/p>\n<p>Elle lance le d\u00e9bat au d\u00e9but des ann\u00e9es 60, dans ses expos\u00e9s de cours sur la psychiatrie \u00e0 de futurs m\u00e9decins. Ce n\u2019est pas gagn\u00e9 car un mourant repr\u00e9sente un \u00e9chec face \u00e0 l\u2019art de gu\u00e9rir.<br \/>\nElle enseigne que l\u2019hypocrisie sert \u00e0 refouler la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 un patient face \u00e0 la mort.<br \/>\nOn constate que la peur, m\u00eame chez le m\u00e9decin, am\u00e8ne cette attitude. Alors, elle va plus loin :\u00a0<i>\u00ab \u2026 le meilleur moyen d\u2019\u00e9tudier la mort et son approche est de demander \u00e0 des malades en fin de vie d\u2019\u00eatre nos ma\u00eetres. \u00bb<\/i><i>\u00a0<\/i>(5)<br \/>\nElle va cr\u00e9er des s\u00e9minaires sur la mort et les mourants.<br \/>\nElisabeth K\u00fcbler-Ross d\u00e9couvre avec ses \u00e9l\u00e8ves que le fait de parler de la mort, soulage profond\u00e9ment le malade.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1752\" src=\"http:\/\/melonic.be\/j\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/clart-0001.jpg\" alt=\"\" width=\"160\" height=\"105\" \/><\/p>\n<p>Elle apprend que les mourants passent par des phases o\u00f9 selon leur \u00e9tat et leurs besoins ceux-ci diff\u00e8rent.<br \/>\nElisabeth K\u00fcbler-Ross distingue cinq phases d\u2019agonie.<\/p>\n<p>1\u00e8re phase : le patient nie le diagnostic pos\u00e9. \u00ab Pas moi ! \u00bb, \u00ab Ce n\u2019est pas possible, je ne veux pas en entendre parler. \u00bb. Le patient se soustrait \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Il ne peut pas la supporter.<\/p>\n<p>2\u00e8me phase : le patient prend conscience de la v\u00e9rit\u00e9 mais ne peut l\u2019accepter. Il s\u2019\u00e9nerve. Il est en col\u00e8re. Il est difficile, hostile, inaccessible. \u00ab Pourquoi moi ? \u00bb.<\/p>\n<p>3\u00e8me phase : il essaie de n\u00e9gocier une prolongation de vie. Il demande un sursis. Il reconnait qu&rsquo;il est concern\u00e9. Certains expriment le souhait de se r\u00e9concilier.<\/p>\n<p>4\u00e8me phase : stade de la d\u00e9pression. Il est dans le regret de certaines choses ou \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s. Il est dans un chagrin et un deuil pr\u00e9paratoire. Il est angoiss\u00e9 et triste. Il demande la pr\u00e9sence d\u2019une personne aim\u00e9e.<\/p>\n<p>5\u00e8me phase : il commence \u00e0 se d\u00e9tacher de la vie. Il prend cong\u00e9 et s\u2019appr\u00eate \u00e0 faire le passage dans l\u2019autre monde.<\/p>\n<p><i>\u00ab Etre le th\u00e9rapeute d\u2019un malade mourant nous fait prendre conscience du caract\u00e8re unique de chaque individu dans le vaste oc\u00e9an de l\u2019humanit\u00e9. \u00bb<\/i><i>\u00a0<\/i>(6)<\/p>\n<p>Ce caract\u00e8re d\u2019\u00eatre unique lui fait \u00e9crire :\u00a0<i>\u00ab \u2026Il semble que ceux qui ont v\u00e9cu une vie de souffrances, de travail \u00e9puisant, de peines, qui ont \u00e9lev\u00e9 leurs enfants et ont eu des satisfactions dans leur travail, montrent plus de facilit\u00e9 \u00e0 accepter la mort paisiblement et dignement que ceux qui ont domin\u00e9 ambitieusement leur entourage, accumul\u00e9 des biens mat\u00e9riels, entretenu un grand nombre de relations sociales, mais moins de relations personnelles, si n\u00e9cessaire \u00e0 la fin d\u2019une vie. \u00bb<\/i>\u00a0(7)<\/p>\n<p>Suite \u00e0 un article et des photos parues dans le magazine \u00ab Life \u00bb, elle sera boycott\u00e9e par le corps m\u00e9dical mais un afflux massif de courrier va changer la donne. Elle est connue mondialement et invit\u00e9e dans le monde entier.<\/p>\n<p>Elle \u00e9crit que c\u2019est de ses patients qu&rsquo;elle a tout appris.<br \/>\n<i>\u00ab Dans leur souffrance et leur mort, ils comprenaient que nous n\u2019avons que MAINTENANT. Alors vivez \u00e0 fond et trouvez ce qui vous allume, car personne ne le fera pour vous. \u00bb, \u00ab Nous avons ainsi d\u00e9sappris l\u2019art de mourir, l\u2019Ars moriendi. La mort est devenue une catastrophe sans issue. Elle est un scandale, l\u2019antith\u00e8se de tout ce qui repr\u00e9sente le progr\u00e8s. \u00bb<\/i>\u00a0(9)<\/p>\n<p>Comme le chante si bien Aznavour dans \u00ab La Mama \u00bb, avant on mourait chez soi, entour\u00e9 des siens. Aujourd\u2019hui, on meurt en reclus, seul, abandonn\u00e9. Souvent loin de chez soi.<\/p>\n<p>Si nous revenons aux enfants, le docteur K\u00fcbler-Ross note que ceux-ci, victimes de crimes ou suicid\u00e9s, avaient pressenti l\u2019\u00e9v\u00e8nement de mani\u00e8re stup\u00e9fiante. Les enfants malades semblent aussi savoir qu&rsquo;ils vont mourir. Ils le traduisent par des dessins. Elle retrouve l\u00e0 le papillon du camp de Majdanek. Les enfants comprennent mieux la mort que ne le croient les adultes.<br \/>\nCe qui est tr\u00e8s \u00e9tonnant, c\u2019est le r\u00e9alisme dans lequel ils vivent, ils se font moins d\u2019illusions que les adultes quant \u00e0 leur \u00e9tat.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1753\" src=\"http:\/\/melonic.be\/j\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/nouveau-crocus-0001-300x254.jpg\" alt=\"\" width=\"187\" height=\"158\" srcset=\"https:\/\/melonic.be\/j\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/nouveau-crocus-0001-300x254.jpg 300w, https:\/\/melonic.be\/j\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/nouveau-crocus-0001-768x650.jpg 768w, https:\/\/melonic.be\/j\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/nouveau-crocus-0001.jpg 850w\" sizes=\"(max-width: 187px) 100vw, 187px\" \/><\/p>\n<p><i>\u00ab La mort a toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0, elle y restera toujours. Elle fait partie int\u00e9grante de l\u2019existence humaine. C\u2019est pourquoi elle a toujours \u00e9t\u00e9 pour chacun de nous un profond sujet d\u2019inqui\u00e9tude. Depuis l\u2019aurore de l\u2019humanit\u00e9, l\u2019esprit humain scrute la mort, cherchant la r\u00e9ponse \u00e0 ses myst\u00e8res. Car la clef de la question de la mort ouvre la porte de la vie. \u00bb<\/i>\u00a0(10)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je terminerai le r\u00e9sum\u00e9 de l\u2019ouvrage de Susan Schaup, o\u00f9 l\u2019on parle essentiellement de l\u2019accompagnement des mourants, par le t\u00e9moignage d\u2019une exp\u00e9rience exceptionnelle v\u00e9cue par Elisabeth K\u00fcbler-Ross.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit, en fait, de la rencontre entre le docteur et une dame d\u00e9c\u00e9d\u00e9e qu&rsquo;elle avait accompagn\u00e9 peu de temps auparavant. Vous trouverez ce r\u00e9cit dans son livre : \u00ab La mort est un nouveau soleil \u2013 \u00e9ditions du Rocher \u2013 1988 \u2013 p.68 et suiv. \u00bb.<\/p>\n<p>Elisabeth est en col\u00e8re. Son s\u00e9minaire sur le mourir et la mort risque de ne plus avoir lieu.<br \/>\nElle y travaille avec un nouveau pasteur qui ne recherche que le sensationnel. Cela ne lui plait gu\u00e8re. Elle est fermement d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 ne plus y participer, elle veut donner sa d\u00e9mission \u00e0 l\u2019universit\u00e9.<br \/>\nApr\u00e8s une s\u00e9ance, elle d\u00e9cide d\u2019en r\u00e9f\u00e9rer au pasteur.<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 l\u2019occasion se pr\u00e9sente, une femme lui apparait. L\u00e0 son esprit se trouble, elle connait cette personne mais est incapable de lui donner un nom.<br \/>\nComme le but de son intervention aupr\u00e8s du pasteur \u00e9choue, par la pr\u00e9sence de cette dame, ce dernier s\u2019en va.<br \/>\nLa femme lui dit :\u00a0<i>\u00ab Dr. Ross, je devais revenir. Puis-je vous accompagner dans votre bureau ? Je n\u2019abuserai pas de votre temps. \u00bb<\/i>\u00a0Et la femme l\u2019accompagne.<\/p>\n<p>Psychiatre, elle a l\u2019habitude que des malades schizophr\u00e8nes lui font part de leurs hallucinations visuelles. Mais pour elle-m\u00eame, elle se dit que ce n\u2019est pas possible et\u00a0se dit alors, qu&rsquo;il faut qu&rsquo;elle touche cette femme pour savoir si elle existe vraiment. Elle sent sa peau.<br \/>\nSa r\u00e9flexion est :\u00a0<i>\u00ab Ce ne peut \u00eatre Mme Schwartz, elle a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9e il y a 10 mois. \u00bb<br \/>\n<\/i>Arriv\u00e9e \u00e0 son bureau, c\u2019est la dame qui ouvre la porte.<br \/>\n<i>\u00ab Dr. Ross, je devais revenir pour 2 raisons, la 1\u00e8re c\u2019est que je voulais vous dire merci, \u00e0 vous et au Paster G. pour tout ce que vous avez fait pour moi. Mais la vraie raison, est pour vous dire que vous ne devez pas abandonner ce travail sur le mourir et la mort, tout au moins pas encore. \u00bb<br \/>\n<\/i>Elisabeth va \u00e0 son bureau et touche tous les objets qu&rsquo;elle connait pour voir s\u2019ils sont r\u00e9els. Tout est concret.<br \/>\nLa femme insiste :<i>\u00a0<\/i><i>\u00ab Dr. Ross, vous m\u2019entendez ? Votre travail n\u2019est pas encore termin\u00e9. Nous vous aiderons. Vous saurez quand vous pourrez l\u2019arr\u00eater. Mais je vous en prie, ne l\u2019arr\u00eatez pas maintenant. Vous me le promettez ? Votre travail ne fait que commencer. \u00bb<br \/>\n<\/i>Le Dr. Ross pense :<i>\u00a0<\/i><i>\u00ab \u2026personne ne me croirait\u2026 \u00bb<br \/>\n<\/i><br \/>\nUne id\u00e9e lui vient, elle demande \u00e0 la dame d\u2019\u00e9crire un mot au Pasteur G. Elle lui tend un papier et un crayon. Elle se dit que ce serait une preuve scientifique, car il est \u00e9vident qu&rsquo;une personne enterr\u00e9e ne peut plus \u00e9crire.<br \/>\nLa femme lui fait un sourire plein d\u2019amour. Elle lit ses pens\u00e9es et se met \u00e0 \u00e9crire. Toujours en souriant elle lui dit :\u00a0<i>\u00ab Vous \u00eates contente maintenant ? \u00bb<br \/>\n<\/i>Puis, se pr\u00e9parant \u00e0 partir, elle r\u00e9p\u00e9ta :\u00a0<i>\u00ab Dr. Ross, vous me le promettez, n\u2019est-ce pas ? \u00bb<br \/>\n<\/i>Le Dr. Ross r\u00e9pondit :<i>\u00a0<\/i><i>\u00ab Oui, je le promets. \u00bb<\/i>\u00a0Et \u00e0 cet instant la femme disparut. Le manuscrit existe toujours.<\/p>\n<p>Un an et demi apr\u00e8s, on l\u2019informa que son travail \u00e9tait termin\u00e9, c\u2019\u00e9tait une \u00e9preuve pour v\u00e9rifier si elle \u00e9tait capable de s\u2019imposer malgr\u00e9 les difficult\u00e9s, la diffamation, la r\u00e9sistance et bien d\u2019autres choses.<br \/>\nLa 2\u00e8me \u00e9preuve consistait \u00e0 voir si la gloire ne lui montait pas \u00e0 la t\u00eate, ce qui ne fut pas le cas.<\/p>\n<p>\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0<\/p>\n<p>(1)\u00a0Editions Labor et Fides, Gen\u00e8ve 1975.<br \/>\n(2)\u00a0Thanatologie : Etude des signes, des conditions, des causes et de la nature de la mort.<br \/>\n(3)\u00a0La mort est un nouveau soleil \u2013 E.K\u00fcbler-Ross \u2013 \u00e9ditions du Rocher \u2013 1988<br \/>\n(4)\u00a0Les derniers instants de la vie, p. 149<br \/>\n(5)\u00a0Id. p. 29 \u2013 30<br \/>\n(6)\u00a0Id. p. 278<br \/>\n(7)\u00a0Id. p. 266 \u2013 268<br \/>\n(8)\u00a0La mort, derni\u00e8re \u00e9tape de la croissance, p. 29<br \/>\n(9)\u00a0E. K-R, toute une vie pour une belle mort, p.75<br \/>\n(10)\u00a0La mort, derni\u00e8re \u00e9tape de la croissance, p.31<\/p>\n<p>Jean,<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab L&rsquo;affrontement avec la mort peut \u00eatre tr\u00e8s p\u00e9nible, et on peut \u00eatre tent\u00e9 de l&rsquo;\u00e9viter et de fuir la confrontation. 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